Dialogue/Religion.Islamo Judéo Chrétienne autres doctrines religieuses
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Galilée Abjuration à genoux, de ses idées sur le fait du mouvement de la Terre

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Wahrani


Admin
Vers le milieu du 16ème siècle, l’Eglise catholique romaine se décide à entreprendre une contre-réforme, face aux remises en cause de certains points du dogme par ceux que l’on appelait depuis 1530 les protestants.
L’espagnol Ignace de Loyola crée la Compagnie de Jésus, sorte d’armée de la foi au service du pape. Le Concile de Trente (1545-1563) réaffirme les points fondamentaux de la doctrine catholique et condamne sans appel le protestantisme.
Des procès en hérésie sont faits à ceux qui osent soutenir que la Terre n’est pas le centre du monde. En 1611, la fin tragique de Giordano Bruno (supplicié sur le bûcher le 17 février 1600) est encore dans tous les esprits des contemporains...
Les jésuites de l’époque tirent alors “la sonnette d’alarme” : en remettant en cause la théorie d’Aristote sur la matière9, théorie que l’Eglise juge conforme aux Saintes Ecritures, Galilée est en train de commettre une hérésie.
De plus, il affirme aussi que la Terre n’est pas le centre du monde. Ses ennemis l’accusent, là encore, de ruiner les Saintes Ecritures.
Il est vrai qu’il entretient la polémique. Ne diffuse-t-il pas une lettre à la Grande-Duchesse douairière de Toscane, Christine de Lorraine, où il explique que :

«’L’Intention du Saint Esprit est de nous enseigner comment on doit aller au ciel et non comment va le ciel », revendiquant ainsi la liberté de la science ?

Galilée est convoqué à Rome par le tribunal de l’Inquisition. Il est mis en arrestation dans le palais de l’ambassadeur de Toscane, comparaît devant le Saint-Office mais ne peut convaincre ses juges. Au bout de vingt jours de détention, il est ramené au palais de l’ambassadeur.

Le 22 juin 1633, on lui annonce qu’il est condamné.
Que lui reproche-t-on ?

Le premier chef d’accusation, formulé dans la sentence prononcée par le tribunal de l’Inquisition, semble répondre très clairement à cette question :

Comme ainsi soit que toi, Galileo Galilei, fils de Vincenzo Galileo, florentin, âgé de 70 ans, dénoncé à ce Saint-Office pour ce que tu tenais pour véritable la fausse doctrine, enseignée par aucuns, que le soleil est le centre du monde et immobile et que la terre ne l’était pas et se remuait d’un mouvement journalier (…)”.

C’est donc l’affirmation du mouvement de la Terre qui semble valoir à Galilée d’être condamné. En présence de cardinaux inquisiteurs, Galilée, qui est un vieillard de soixante dix ans presque aveugle, doit, à genoux, abjurer solennellement la thèse copernicienne qu’il sait être vraie.
Le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde est mis à l’index.
On prétend qu’il murmura en se relevant : “E pur si muove” (“Et pourtant elle tourne”) ce qui paraît bien improbable car il aurait risqué d’être brûlé vif comme Giordano Bruno.
Pour les inquisiteurs qui ont jugé Galilée, toute connaissance est soumise à la vision du monde présentée par les récits bibliques. A leurs yeux, la démarche de Galilée qui s’appuie sans à priori sur l’observation et l’expérience, remet en cause cette représentation du monde et peut-être la foi en Dieu, tout au moins la puissance et l’autorité de l’Eglise dont les affirmations devenaient alors contestables.
C’est le début d’un long affrontement entre la recherche scientifique et une représentation religieuse du monde. De nos jours, les domaines respectifs sont mieux délimités. Et Galilée compte parmi ceux qui, au début des Temps modernes, ont contribué à mettre en route cette évolution.
 
L’abjuration de Galilée

Moi, Galileo Galilei, florentin, physiquement présent devant ce tribunal, agenouillé devant vous, Très Eminents et Révérends cardinaux inquisiteurs dans toute la République chrétienne contre la perversité hérétique, ayant sous les yeux les sacro-saints évangiles que je touche de mes propres mains,

Je jure que j’ai toujours cru, que je crois maintenant et qu’avec l’aide de Dieu je continuerai à croire tout ce que tient pour vrai, prêche et enseigne la Sainte-Eglise catholique, apostolique et romaine. Attendu que ce Saint-Office m’avait intimé juridiquement l’ordre d’abandonner la fausse opinion selon laquelle le Soleil est au centre du monde et immobile tandis que la Terre n’est pas au centre du monde et qu’elle est mobile,

Attendu que je ne pouvais enseigner en aucune façon la dite fausse doctrine, après qu’elle m’eût été notifiée contraire à la Sainte-Ecriture, Attendu, d’autre part, que j’ai écrit et donné à imprimer un livre dans lequel je traite de la doctrine déjà condamnée, en y apportant des raisons très efficaces en sa faveur,

J’ai été jugé véhémentement suspect d’hérésie.

Par conséquent, je viens d’un cœur sincère et d’une foi non feinte abjurer, maudire et détester les susdites erreurs et hérésies et en général toute erreur, hérésie et secte contraire à la Sainte-Eglise. Et je jure qu’à l’avenir, je ne dirai ni affirmerai jamais plus, ni verbalement ni par écrit, des choses qui puissent me rendre suspect d’hérésie. Moi, Galileo Galilei, j’ai abjuré et signé de ma propre main.
Rome, couvent Santa Maria sopra Minerva, le 22 juin 1633.

Après son abjuration, Galilée peut revenir en Toscane, à Arcetri, dans une villa où il est prisonnier, ses travaux furent mis à feu. 
Lorsqu’il obtient, après de nombreuses démarches, le droit d’aller assister à la messe dans l’église voisine, les habitants reçoivent l’ordre de s’écarter de lui, il est interdit de lui parler. Seule, l’une de ses filles qui est religieuse, l’accompagne en le soutenant.
Devenu aveugle en 1636, il continue à travailler avec ses disciples, surtout Viviani et Torricelli.
Il publie en 1638 ses Discours autour de deux nouvelles sciences. Ces deux nouvelles sciences étaient pour lui “la mécanique et les mouvements locaux, c’est à dire les deux branches de la mécanique que nous appelons de nos jours la statique et la dynamique.
Dans cet ouvrage, Galilée reprend ses anciens travaux de mécanique, corrigeant les erreurs qu’il avait pu faire antérieurement, preuve de sa grande intégrité intellectuelle.
Cependant, conséquence scientifique de sa condamnation, il ne fait intervenir aucune considération astronomique.

http://dialogue-religion.forumalgerie.net

Tarentule


Bonjour Wahrani,

je me permets de répondre à ce sujet, même s'il date d'il y a longtemps:


Galilée est italien, il enseigne à Padoue de 1592 à 1610 dans une université qui dépend de Venise. Il travaille sur le pendule et la chute des corps et il définit les premières lois mécaniques. Il invente le précurseur de la règle à calcul et fabrique des outils de précision (compas et sextants). En 1597, dans une lettre à Kepler, il affirme soutenir le système de Copernic mais dit refuser de l'enseigner par crainte des moqueries. Il ne craint pas l’Église mais bien l'archaïsme des savants de l'université et leurs sarcasmes. D'ailleurs, en 1606, il écrit une lettre publique où il réfute vigoureusement l’héliocentrisme de Copernic.
 
En 1609, les hollandais ont l'idée de juxtaposer deux lentilles dans un tube, la lunette est inventée. En bon mécanicien, Galilée l'améliore et en fabrique une qui grossit 30 fois. Il l'offre au doge de Venise en lui faisant miroiter son utilité lors des engagements militaires. En récompense, son salaire est doublé. Mais très rapidement, en 1610, il a l'idée de pointer sa lunette vers les étoiles. Il découvre alors une multitude d'étoiles fixes inconnues et surtout quatre nouveaux corps mobiles, les quatre satellites de Jupiter. Son raisonnement est simple : si Jupiter a des satellites comme la terre en a un - la lune - cela signifie que la terre a le même statut que Jupiter et qu'elle tourne elle-aussi autour du soleil. Le raisonnement est un peu boiteux - il est incapable de démonter ce qu'il affirme par le calcul - mais il publie néanmoins ses conclusions dans Le messager des étoiles.
 
Galilée connaît le triomphe. Invité à Rome en 1611, il est reçu par le pape Paul V. Les jésuites astronomes lui font les honneurs du Collège de Rome. Les Jésuites confirment ses observations de Jupiter auprès de leur supérieur, le Cardinal Bellarmin. Lors d'un banquet réunissant religieux et scientifiques, la lunette de Galilée est baptisée télescope.
 
Mais Galilée va confondre théologie et sciences...
Aucune loi n'existe alors pour protéger la propriété intellectuelle et aucune publication scientifique ne garde la trace objective de l'antériorité des découvertes. Pour ne pas se faire voler la primauté de ses observations, Galilée prend l'habitude de les raconter sous forme d'anagrammes incompréhensibles. Il enverra ainsi deux fois des synthèses incompréhensibles de ses découvertes astronomiques au naïf Kepler qui passera des semaines à essayer de les décrypter. Et c'est bien par une querelle de primauté que débute son conflit avec l’Église. En 1614, les jésuites décrivent des taches sur le soleil. Galilée prétend qu'il les a vu le premier, mais qu'il a décrit ses observations en langage codé. Il se lance alors dans une querelle sans fin avec le puissant ordre des Jésuites. Elle aurait pu s'interrompre rapidement mais Galilée va se lancer dans une bataille épistolaire.
      En 1615, la lettre de Galilée à la grande-duchesse Christine sert de nos jours d'argument à ses défenseurs pour affirmer que Galilée a défini très tôt la nécessité de séparer la science de religion. En fait, cela faisait déjà cinq siècles que l’Église en avait reconnu l'utilité en octroyant des libertas academica aux universités... Dans cette lettre, Galilée s'abrite dans le précédent de Copernic dont il rappelle qu'il était prêtre et que l’Église ne l'a jamais condamné. Il écrit : « L’intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on doit aller au ciel, et non comment va le ciel. ».
      Dès 1615, la réponse du cardinal Dini est claire : discourir sur les fonctions du Saint Esprit n'est pas de la compétence de Galilée. Qu'il s'occupe donc de sciences et non de théologie ! « On peut écrire librement tant que l'on reste en dehors de la sacristie » lui signifie-t-il. En conséquence de quoi, en 1616, le pauvre Copernic est mis à l'index, 73 ans après sa mort.
      Les Jésuites ont cependant perçu la faiblesse des arguments de Galilée qui n'a pas prouvé que la terre tourne autour du soleil. Faire remarquer que Jupiter a des lunes, ne suffit pas pour mettre la terre en mouvement. En 1616, l’Église, par l'intermédiaire du Cardinal Bellarmin, supérieur des jésuites mais également Grand Inquisiteur, intime l'ordre à Galilée de ne pas enseigner l'héliocentrisme comme un fait établi. La position de l’Église est que l'observation habituelle du ciel montre que le soleil se lève à l'Est et se couche à l'Ouest. Avant de proclamer une autre vérité, l’Église souhaite que celle-ci soit démontrée rigoureusement. L'héliocentrisme n'est encore qu'une hypothèse et doit être enseigné comme telle.
      En 1623, Urbain VIII devient pape. C'est un scientifique acquis au système de Copernic. Il a soutenu Galilée lors de sa querelle avec les Jésuites. Galilée est alors toujours incapable de démontrer son hypothèse mathématiquement, d'autant qu'il ignore et refuse les lois de Kepler. Par un étrange entêtement, il voudrait que l’Église confirme l’héliocentrisme, alors qu'il n'est pas encore prouvé. En cela, il ne se conduit pas en scientifique, mais en homme de croyance dogmatique. Galilée est pourtant autorisé par le pape à présenter les différentes hypothèses. En 1632, Galilée s'abrite derrière l'autorisation papale pour publier le Dialogo, … mais il va y présenter l’héliocentrisme comme la vérité et non comme une hypothèse...et faire preuve d'insolence.
      Galilée n'a toujours pas de preuve de l'héliocentrisme et les démonstrations qu'il propose sont erronées. Par exemple, il voit dans les marées la preuve de la mobilité de la terre, alors que la lune en est la cause et non la mobilité de la terre. De plus, dans le Dialogo, l'héliocentrisme est défendu par des savants respectables, mais le point de vue de l’Église est soutenu par un personnage surnommé « Simplicio », le Simplet. Le Simplet est sot, naturellement, et ses convictions sont présentées de façon grotesque et péremptoire.
      L’Église réagit alors et convoque Galilée. Le 22 juin 1633 se passe alors la célèbre scène, où, menacé de torture - formule rituelle juridique que personne n'a l'intention d'appliquer - Galilée doit se rétracter et réfuter Copernic. C'est le pape Urbain VIII, le fervent adepte du système de Copernic, qui lui indique ainsi les limites de la libre pensée et du respect dû à l’Église. Néanmoins sur les dix juges inquisitoriaux, trois s'abstiennent de le condamner, dont le propre frère du pape. Le Dialogo est interdit. Galilée est maintenu en résidence forcée dans sa propre maison où il continue ses recherches. Quant à l’exécution de sa pénitence – la récitation des psaumes - il charge sa fille, carmélite sous le nom de sœur Marie-Céleste, de les réciter à sa place... et avec l'accord de l’Église.
      Il n'en demeure pas moins que Galilée a voulu faire entériner une hypothèse scientifique, non par le calcul ou la démonstration, mais par une affirmation solennelle de l’Église. L'Église s'est dérobée à cette exigence déraisonnable avec le moyen qui était alors le sien : l'Inquisition.
      De nos jours, en s'éloignant doucement de leurs origines chrétiennes, nos sociétés reviennent à une vision manichéenne de l'humanité. Elles cherchent à séparer les bons des mauvais et parviennent mal à concevoir que la limite entre bien et mal se trouve au cœur de chaque homme ou au cœur de chaque institution. C'est du moins la conception chrétienne qui veut que chaque homme - ou que chaque institution humaine - soit pécheur, mais néanmoins appelé en même temps à la sanctification. Dans cette optique chrétienne, on pourrait donc penser que Galilée comme l’Église ont eu raison et tort à la fois. Galilée a eu tort de vouloir que l’Église donne un avis scientifique sur l'organisation de l'univers, il a eu tort de se mêler de théologie là où il n'avait aucune compétence, il a eu tort de vouloir imposer un fait scientifique par un dogme d’Église... et il a persévéré 18 ans dans son entêtement avant que l’Église ne fasse preuve d'impatience. Et l’Église a eu tort de le menacer - même symboliquement - de torture, elle a eu tort de se crisper en mettant le chanoine Copernic à l'index et elle a eu tort d’obliger Galilée à se désavouer.
L'Eglise n'a donc pas menacé Galilée de mort, mais "simplement " (si l'on peut dire) de torture, mais sans penser à réellement appliquer cette cruauté.
Ce n'est qu'en 1741, que le pape Benoît XIV donnera l'imprimatur à Galilée,... après avoir observé la preuve scientifique de la justesse de sa théorie.
En 1992, Jean-Paul II reconnaîtra l'erreur de l’Église et souhaitera qu' « Il n'y ait plus jamais un autre cas Galilée ».

d'après le Forum: cité catholique.

Il est toujours amusant d'avoir deux sources d'un même événements.

Wahrani


Admin
@Tarentule a écrit:Bonjour Wahrani,
d'après le Forum: cité catholique.
Il est toujours amusant d'avoir deux sources d'un même événements.
Bonjour, 
Peut être c’est le votre ou vous en faites parti !!!!!!
En conclusion quelle est la synthèse des deux sources ?

http://dialogue-religion.forumalgerie.net

Tarentule


  Mais quelle est la source de votre version?


Voici le lien de mes sources
www.astrosurf.com/luxorion/astro-histoire-procesgalilee
www.gauchemip.org/spip.php?article4379
Wikipédia

Wahrani


Admin
@Tarentule a écrit:
  Mais quelle est la source de votre version?
Bonjour, 

Je suis désolé, suite à une fausse manipulation, j'avais effacé ton dernier message. 
J’étais sur le point de rentrer chez, et j'avais fait trop vite poster ma réponse sans m'apercevoir
que c'est sur ton message que je postais le mien.
Mille excuses

http://dialogue-religion.forumalgerie.net

Tarentule


Ok. Ce n'est pas grave
Donc que tout le monde sache: le dernier message signé Tarentule
le Sam 5 Nov - 20:19
n'est pas un message entier.
Les liens que vous donnez dans ce message sont-ils ceux du premier message?

Tarentule


www.gauchemip.org/spip.php?article4379


Le Front de Gauche regroupe le Parti communiste, les gauches radicales, les écologistes, etc. tous à grande tradition anticléricale...


Bonjour, 
Peut être c’est le votre ou vous en faites parti !!!!!!
En conclusion quelle est la synthèse des deux sources ?


Je vous assurais, dans mon dernier message, que ce n'est pas moi qui ait écrit ce texte, mais vous n'êtes pas obligés de me croire.
Dans les faits, les deux textes disent quasiment la même chose. Une chose en plus pour le vôtre: les invectives contre l'Eglise. Une omission dans le vôtre: la raison profonde pour laquelle Galilée a été condamné, à savoir l'inexactitude de son raisonnement scientifique, qui plus est basé sur des calculs faux.
Lorsque l'héliocentrisme sera rendu vrai, l'imprimatur sera donné au livre de Galilée.
Toutefois nous savons aujourd'hui que l'héliocentrisme est faux.
Et, au siècle dernier, Sa Sainteté Jean Paul II a reconnu les torts de l'Eglise d'avoir condamné quelqu'un sur un sujet temporel.

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