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Debat Culturel Inter Religieux » Christianisme » La crucifixion de Jésus

La crucifixion de Jésus

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1 La crucifixion de Jésus le Sam 18 Juin - 0:29

Salâh Ed-Dîn

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La mort de Jésus est un sujet controversé parmi les juifs, les chrétiens et les musulmans. Les juifs pensent que Jésus est mort sur la croix car il était un faux prophète. A cet égard, ils citent la Bible :
« Si l’on fait mourir un homme qui a commis un crime digne de mort, et que tu l’aies pendu à un bois, son cadavre ne passera point la nuit sur le bois; mais tu l’enterreras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu, et tu ne souilleras point le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour héritage. » (Deutéronome 21:22-23)
Selon eux, Jésus était un faux prophète ; il mourut donc sur la croix comme un maudit de Dieu.
Les chrétiens pensent également que Jésus mourut sur la croix d’une mort maudite. Paul dit :

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous – car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois. » (Galates 3:13)
Etant absolument persuadés que Jésus était un faux prophète, les juifs, particulièrement les pharisiens de son temps, ont porté de graves accusations politiques contre lui. Ils prétendaient qu’il était déloyal envers l’Empereur romain et qu’il s’était proclamé roi des juifs.
Le gouverneur Ponce Pilate n’était pas convaincu de sa culpabilité, mais influencé par l’agitation de la foule saccageuse, il condamna Jésus à la crucifixion. Il fut placé sur la croix où il resta trois ou quatre heures avant d’en être enlevé dans un état comateux et d’être placé dans un sépulcre, dans un jardin à proximité.
A cette époque, il fallait plusieurs jours avant que les criminels ne meurent par crucifixion. Ils souffraient des affres de la faim et de la soif et dans la plupart des cas leurs jambes étaient brisées. Ils subissaient une mort lente qui durait plusieurs jours. les historiens romains décrivent la résistance de plusieurs jours qu’eurent les gladiateurs de l’armée de Spartacus, crucifiés au nombre de 6000 le long de la via Appia, menant de Capoue à Rome.
La durée pendant laquelle Jésus resta sur la croix n’était pas suffisante pour garantir la mort par crucifixion. Généralement, les criminels restaient plusieurs jours sur la croix pour mourir d’une mort lente causée par la perte de sang provenant des blessures aux mains et aux pieds, l’épuisement physique, la souffrance, et les affres de la faim et de la soif. La mort sur la croix n’intervenait qu’après une durée allant de vingt-quatre à vingt-huit heures minimum, mais dans certains cas, elle nécessitait plusieurs jours. Dans ces cas, il était de coutume de briser les jambes des criminels afin de hâter la mort par hémorragie interne
Selon la Bible, il était environ la sixième heure du vendredi lorsque Pilate s’adressa pour la dernière fois aux juifs concernant le fait de leur livrer Jésus et sa crucifixion.
« C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi. » (Jean 19:14)

«La sixième heure étant venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure.
 Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éloï, Éloï, lama sabachthani?
Ce qui signifie:
Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Marc 15:33-34)
Cela montre clairement que Jésus resta conscient jusqu’à la neuvième heure de la journée, puis il s’évanouit ou perdit connaissance. C’est ce que les auteurs du Nouveau Testament appellent "rendre l’âme".
« Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l’autre qui avait été crucifié avec lui. S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. » (Jean 19:32-34
Les soldats ne brisèrent pas les jambes de Jésus car ils le prirent pour mort alors qu’il était en réalité inconscient, ou que simplement afin d’apaiser la colère des juifs, il fut déclaré mort. Cependant, l’un des soldats perça son flanc et immédiatement de l’eau et du sang jaillirent, ce qui est un signe certain de vie ; en effet, le sang et l’eau ne peuvent jaillir d’un corps mort en raison de l’arrêt de la pression sanguine exercée par le cœur.

En revanche, si nous croyons qu’il a été enlevé de la croix inconscient, mais vivant, et qu’il est entré dans le cœur de la terre vivant et en est ressorti vivant, alors on peut dire à juste titre qu’il triompha de ses ennemis et fit échouer tous leurs plans diaboliques. Jésus a dit :

« Car, de même que Jonas fut un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l’homme en sera un pour cette génération. » (Luc 11:30)
«Comme le peuple s’amassait en foule, il se mit à dire: Cette génération est une génération méchante; elle demande un miracle; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui de Jonas. Car, de même que Jonas fut un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l’homme en sera un pour cette génération. » (Luc 11:29-30)
«Il leur répondit: Une génération méchante et adultère demande un miracle; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. » (Matthieu 12:39-40)
 
En d’autres termes, Jésus dit aux juifs que Dieu Tout-Puissant le sauverait des griffes de la mort tout comme Il sauva Jonas du ventre de la baleine. La similitude entre les deux évènements ne peut être réelle et véritable que si Jésus est entré dans le cœur de la terre (le tombeau) vivant et qu’il en est ressorti vivant.

S’adressant à ses disciples, Jésus dit :
« Voici, l’heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. » (Jean 16:32-33)

En quoi consiste donc la victoire de Jésus ?
Sa mort sur la croix ou le fait de s’être soustrait à celle-ci ?
S’il est mort sur la croix, alors les juifs ont atteint leur objectif de prouver que Jésus, se déclarant être le messie, était un imposteur.

Ils avaient comme argument le texte biblique suivant :
« ... car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu... » (Deutéronome 21:23)
La bible précise également :
 
« Et Jésus leva les yeux en haut, et dit: Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé. Pour moi, je savais que tu m’exauces toujours; mais j’ai parlé à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » (Jean 11:41-42)
 
« Il disait: Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Marc 14:36)

D’après les citations ci-dessus, il est clair que Jésus avait terriblement peur d’être mis sur la croix ; il pria donc Dieu avec ferveur afin que soit éloignée de lui cette coupe amère. Jésus pria avec passion et ferveur afin d’être sauvé de la mort maudite sur la croix. 
N’a-t-il pas dit ensuite avoir vaincu le monde ? 
S’il était mort sur la croix, la mission de sa vie toute entière aurait été réduite à néant et les malfaiteurs auraient pu contester sa revendication du statut de prophète. L’idée de mort sur la croix lui était inacceptable. Etant un prophète vertueux, il n’avait pas peur de la simple mort mais il craignait certainement de mourir par crucifixion, car une telle mort serait interprétée comme une mort maudite et serait donc la négation de sa mission prophétique.
 
« C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété… » (Hébreux 5:7)
 
Par conséquent, nous devons en conclure que la prière sincère de Jésus fut, sans aucun doute, exaucée. Il échappa miraculeusement à la mort par crucifixion
Jésus-Christ compare son propre sort à celui du prophète Jonas.

Quel signe Jonas donna-t-il aux habitants de Ninive ?

La Bible dit :
«L’Éternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. » (Jonas 1:17)
«Jonas, dans le ventre du poisson, pria l’Éternel, son Dieu. Il dit: Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, Et il m’a exaucé; Du sein du séjour des morts j’ai crié, Et tu as entendu ma voix. » (Jonas 2:1-2)

Selon les versets de la Bible, Jonas fut englouti par un grand poisson, dans lequel il demeura trois jours et trois nuits avant d’en ressortir vivant. Ce fut un signe accordé aux habitants de Ninive. Jonas pria pour sa délivrance pendant qu’il était dans le ventre du poisson ; Dieu exauça sa prière et Jonas en ressortit vivant.

Jésus dit qu’aucun signe ne sera accordé à la génération mauvaise et adultère de son époque à l’exception de celui de Jonas. Mais quelle est la ressemblance entre les signes de Jonas et de Jésus ?
Ce n’est rien d’autre que le fait d’entrer vivant dans le ventre du poisson et le cœur de la terre, et d’en sortir vivant.

Tous deux pleurèrent en raison de leurs afflictions et prièrent pour leur délivrance. Leurs prières à tous deux furent exaucées ; si Jésus n’était pas entré dans le cœur de la terre (le sépulcre) vivant, et ensuite en était ressorti vivant, quelle serait alors la ressemblance entre les deux signes ?
En faisant référence au signe de Jonas, Jésus voulait tout simplement signifier qu’il n’allait pas mourir sur la croix. Par conséquent, il y a toutes les raisons de croire que Le Saint Coran déclare que Jésus n’est pas mort sur la croix. Dieu le sauva de la mort par crucifixion, tout comme Il sauve tous Ses êtres chers des tribulations. 

Le prophète Jonas n’est-il pas sorti vivant du ventre du Poisson ?

En conclusion, il semblera que tous ces arguments prouvent de façon concluante que la croyance selon laquelle Jésus-Christ mourut par crucifixion n’a aucune justification, pas même du point de vue biblique. Aucun des auteurs n’était présent sur place pour faire office de témoin oculaire.
"L’évanouissement" fut confondu avec la "mort" et d’après la Bible, la "mort sur la croix" est une mort maudite.

Il apparaît donc évident que l’actuelle foi Chrétienne, basée sur cette croyance erronée, est infondée.

2 Re: La crucifixion de Jésus le Lun 11 Juil - 23:02

Stitten

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La crucifixion était à la fois une torture et une humiliation, et, en règle générale, les crucifiés étaient dépouillés de tous leurs vêtements. Ainsi, à moins d’une concession aux coutumes juives de l’époque (mais celle-ci n’est pas connue), on peut dire a priori que Jésus fut crucifié nu. A priori, car aucune source ne permet d’avoir un avis positif sur la question.
Comme avec la flagellation, pour crucifier des victimes nues était une forme ritualisée de fonction d'humiliation sexuelle. Les Évangiles indiquent que Jésus a été enlevé, flagellé, insulté et crucifié ensuite et il n'y a aucune bonne raison de croire que Jésus aurait été une exception à la règle que les victimes ont été crucifiées NUES"
La Réforme va d’ailleurs critiquer l’abus des images, l’idolâtrie et les représentations trop profanes. Aussi, en 1563, le concile de Trente demande que les œuvres soient décentes et ne soient pas ornées d’une beauté trop provocante. La “décence” ne concerne d’ailleurs pas uniquement le nu.
Si Jésus est représenté avec un drap par les peintres, c’est pour des raisons évidentes de décence et par pudeur ?
Possible, quoique les œuvres des antiquités grecques et romaines aient amplement prouvé que les artistes savaient mettre ce sentiment de côté.
Il est à croire que la raison est tout autre : si on avait représenté Jésus nu, et seuls les artistes chrétiens l’ont fait, cela aurait conduit à montrer qu’il était circoncis, puisque juif, comme dirait quelqu’un qui justement, est un peu allergique aux Juifs les chrétiens préfèrent oublier ce détail !
A la cruauté propre du supplice de la crucifixion, supplice de la mort lente correspondait  à son caractère infamant scandaleux et même "obscène".
Le crucifié était normalement privé de sépulture et abandonné aux bêtes sauvages ou aux oiseaux de proie.
La croix était un "signe de honte", un "infâme poteau", "un bois criminel disait Sénèque),
Pour Cicéron c’est "le supplice le plus cruel et le plus repoussant".
"La mort en croix, suprême infamie", dit Origène.
On lui attribuait de ce fait un grand pouvoir de dissuasion. Elle avait pour but de déshumaniser au maximum la mort et d'enlever au supplicié toute dignité dans sa manière de mourir. Il se débattait généralement dans des cris atroces.

Conclusion, le Dieu des Chrétiens était spectateur du supplice de son Fils.

Wahrani

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Admin
Une experte en religion a affirmé que des artefacts peuvent révéler que Jésus Christ n’a pas été cloué sur la croix dans les événements qui ont conduit à sa mort.
Les réclamations, faites par Meredith Warren, maître de conférences en études bibliques et religieuses à l’université de Sheffield, viennent alors que nous approchons du Vendredi saint, le 25 mars.
Le Vendredi saint est un jour solennel et sacré dans le calendrier chrétien, marquant le jour où Jésus a été crucifié
L’experte en religion prétend que des artefacts peuvent indiquer que l’événement emblématique ne s’est peut-être pas déroulé comme nous l’avions pensé, mais il influence toujours la culture et l’iconographie chrétienne.
 
Dans un article pour The Conversation, elle dit : «Matthieu, Marc, Luc et Jean incluent tous l’événement de la crucifixion dans leurs propres récits légèrement différents. Aucun des évangiles du Nouveau Testament ne mentionne si Jésus a été cloué ou lié à la croix. Cependant, l’Évangile de Jean rapporte des blessures dans les mains de Jésus ressuscité. C’est ce passage, peut-être, qui a conduit à la tradition écrasante que les mains et les pieds de Jésus ont été cloués à la croix, plutôt que liés dessus ».
Elle ajoute qu’au fil des années «plusieurs personnes ont affirmé avoir trouvé les clous avec lesquels Jésus a été crucifié ».
« Ce n’est pas surprenant que les chrétiens ont pris un certain temps pour embrasser l’image du Christ sur la croix, étant donné que la crucifixion était une façon humiliante de mourir. Ce qui est surprenant est ce que l’image la plus ancienne de la crucifixion se révèle être. Plutôt que les icônes de dévotion avec lesquelles nous sommes familiers – les images qui glorifient la mort de Jésus – cette première image semble être un graffiti de la fin du deuxième siècle qui se moque des chrétiens. »
 
 
«Appelé Alexamenos Graffito, l’image montre une figure avec la tête d’un âne sur une croix avec les mots :

«Alexamenos vénère son Dieu ».

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4 Re: La crucifixion de Jésus le Jeu 15 Fév - 15:53

Wahrani

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Admin
Ce qu'il faut savoir c'est que nous musulmans disons que les textes évangéliques canoniques constituent des tentatives humaines de relater la vie, les propos et les actions de Jésus : il y a dans ces textes des éléments authentiques ainsi que des erreurs de relation. Exactement comme  dans les textes de la Sîra et dans les recueils de Hadîths il y a des éléments authentiques et des erreurs de relation.
Cependant, non seulement nous ne pensons pas que les passages des Evangiles relatant la crucifixionde Jésus auraient été écrits pour contredire le Coran, mais de plus nous ne pensons même pas que ceux qui ont relaté cette crucifixion auraient menti, c'est-à-dire auraient délibérément écrit chose qu'il savaient ne pas être véridique au sujet de la fin de la mission de Jésus.
Il faut savoir que les textes évangéliques ont été écrits non par les disciples directs de Jésus mais par des personnages postérieurs, qui ont rédigé leur écrit sur la base de ce qu'ils tenaient – avec quelques maillons intermédiaires dans la chaîne de narration – des disciples directs de Jésus.
Or ces derniers n'ont pas menti mais ont relaté à son sujet ce qu'ils ont entendu des gens leur relater (puisque eux-mêmes étaient absents au moment du procès de Jésus). Et ce que ces gens leur ont relaté, ils ne l'ont pas non plus forgé mais ont été mis dans une illusion à son sujet.
Les proches disciples de Jésus n'ont pas pu être les témoins directs d'une crucifixion de Jésus, puisque tous s'enfuirent lors de l'arrestation du Messie:
"Alors les disciples l'abandonnèrent tous et prirent la fuite" (Matthieu 26/56).
"Et tous l'abandonnèrent et prirent la fuite" (Marc 14/50).
Certes, il y eut "Pierre et un autre disciple" qui suivirent Jésus. Cet autre disciple, étant connu du Grand Prêtre, entra dans le palais de celui-ci avec Jésus (Jean 18/15-16). Puis il parla à la dame qui gardait laporte de la cour du palais et Pierre put entrer lui aussi (Jean 18/16). Pierre resta donc assis dans lacour.
Mais questionné par la servante, il nia être le disciple de Jésus (Jean 18/17). Et, se rappelant alors que Jésus lui avait dit qu'il le renierait, il sortit en pleurant (Mathieu 26/69-75, Marc 14/66/72, Luc 22/56/62).
 
De plus, Jésus fut ensuite conduit, de chez le Grand Prêtre, à Pilate, puis à Hérode Antipas, avant d'être renvoyé devant Pilate (Luc 23).
Aucun de ses disciples n'était alors présent lorsqu'il fut condamné.
– Les Evangiles synoptiques relatent, eux, que ces femmes se tenaient à distance du lieu de crucifixion. Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin. Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. Parmi elles se trouvaient : Marie Madeleine, Marie mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée" :
Matthieu 27/55-56. "Il y avait aussi des femmes, qui observaient de loin, et parmi elles, Marie Madeleine, Marie mère de Jacques le Petit et de José, et Salomé, qui suivaient Jésus et le servaient quand il était en Galilée, et encore beaucoup d’autres, qui étaient montées avec lui à Jérusalem" :
Marc 15/40-41. "Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder" Luc 23/49). Nous pensons donc qu'ici il y a eu confusion : de loin elles ont cru qu'il s'agissait de Jésus. Or ce n'était pas lui.
– Seul l'Evangile de Jean relate que des femmes se tenaient debout près de Jésus lorsqu'il fut sur lacroix, et que celui-ci parla même à un de ses disciples, lui enjoignant de prendre soin de sa mère : "Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : "Femme, voici ton fils." Puis il dit au disciple : "Voici ta mère." Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui" (Jean 19/25-27).
- Marie Madeleine était-elle loin de la croix ? ou bien près de la croix ? Il y a forcément une seule de ces deux relations qui est correcte !
Nous pensons donc que, à son sujet comme au sujet des autres femmes ici citées, il y a eu une erreur de relation (riwâya) : elles n'observaient que de loin.
Le fait est qu'il existe des erreurs de relation sur différents points entre les différentes versions de narration de la mission de Jésus, comme il en existe pareillement entre les différentes versions de narration de la mission de Muhammad (que Dieu les bénisse tous deux).
Ibn Taymiyya écrit :
"On dit que ces livres ont été écrits par Marc, Luc, Jean et Matthieu. Or aucun de ces quatre personnages n'a vu la crucifixion de Jésus, ni aucun des Apôtres, ni aucun des élèves de ceux-ci. Seul un petit groupe de personnes a assisté à ce qu'ils aient cru être la crucifixion de Jésus.
– Certains ulémas mutazilites, ainsi que Ibn Hazm et d'autres, sont d'avis que ce groupe savait que le crucifié n'était pas Jésus, mais ont délibérément menti en répandant la nouvelle que c'est lui qui a été crucifié.
– Cependant, la plupart des ulémas sont d'avis que même ceux qui ont assisté à la crucifixion ont été dans la confusion.
– Les tenants du premier avis commentent le verset coranique   [Coran 4/157] ainsi   ["Les hommes auxquels ce groupe de gens affirmèrent que Jésus avait été crucifié, ces hommes-là furent induits en erreur"].
– Alors que la plupart des ulémas le commentent ainsi :      "Furent dans la confusion ceux-là mêmes qui dirent : "Ils l'ont crucifié""  (Al-Jawâb us-sahîh 1/275).
"L'épisode de la crucifixion est chose à propos de quoi il y eut confusion. La preuve a été établie [sur la base de l'affirmation coranique] que le crucifié fut quelqu'un d'autre que le Messie et que les gens furent dans la confusion et crurent qu'il s'agissait du Messie. Aucun des Apôtres n'a vu le Messie crucifié. Par contre certains des gens qui étaient présents ont relaté aux Apôtres qu'ils l'ont vu avoir été crucifié. Certains ulémas disent que ces gens-là ont menti. Mais la plupart des ulémas disent que ces gens furent eux-mêmes dans l'illusion" (Ibid. 2/12).
Dans quelle mesure y eut-il confusion et quelle fut cette illusion, le texte coranique ne le dit pas. Nous avons relaté, dans un autre article, une des hypothèses à ce sujet : ce serait l'homme à qui il avait été dit de porter le patibulum lors du chemin de croix qui a été crucifié en lieu et place de Jésus :
Ibn Taymiyya a écrit le principe communiqué par les sources de l'islam en la matière :
"Celui à qui la totalité des textes n'était pas parvenue, la preuve ne sera pas avérée à son égard par rapport à ce qui ne lui était pas parvenu, parmi les choses dont le sens était de compréhension ardue. S'il a fait des efforts pour connaître la vérité (quant à ces choses) et qu'il a atteint celle-ci, il aura deux récompenses, et s'il s'est trompé il aura une récompense et son erreur lui sera pardonnée" (Al-Jawâb us-sahîh 1/271).
Il écrit également :
"Quant à ceux qui ont vécu à une époque éloignée de celle du Messie et à qui, de ses enseignements authentiques, seule une partie et non la totalité est parvenue, la preuve sera avérée quant à eux (devant Dieu) par rapport à ce qui leur était parvenu, mais non pas par rapport à ce qui ne leur était pas parvenu. C'est la même chose pour ceux qui suivent Moïse. (…)
Dès lors, si on dit que les Apôtres, ou certains Apôtres, ou de nombreux Gens du Livre, ou la plupart des Gens du Livre, croyaient [, avant la révélation du Coran ou avant que la révélation du Coran parvienne jusqu'à eux,] que Jésus avait été crucifié, il s'agira certes d'une croyance en soi erronée, mais cette erreur n'entachera en rien leur foi et n'entraînera pas de punition dans l'au-delà, puisque les livres évangéliques dont ils disposaient relataient la crucifixion de Jésus" (Al-Jawâb us-sahîh 1/274-275).
Il faut de plus souligner que même s'ils pensaient que Jésus avait été crucifié, les Apôtres, qui furent des compagnons de Jésus, n'ont élaboré aucune croyance particulière à partir de cette crucifixion qu'ils croyaient s'être produite.
 
Source Maison de l’Islam

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5 Re: La crucifixion de Jésus le Jeu 15 Fév - 16:08

Stitten

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A l’époque de Jésus, la crucifixion était un supplice courante utilisé par les Romains pour mettre à mort un condamné.
Chez les Juifs, la crucifixion était ressentier comme une malédiction divine (Dt 21, 23).
Après avoir été torturé, on déshabillait le condamné pour le clouer (parfois on utilisait des cordes) sur la croix. La victime mourrait d’étouffement, mais l’instant de la mort pouvait tarder plusieurs jours.
On pourrait se demander pourquoi Jésus aurait été traité différemment des autres condamnés, pourquoi on aurait pris soin de couvrir son sexe. Parce qu’il était Dieu ?
Combien de personnes, même parmi ses disciples, auraient eu l’idée de faire ce geste ?
Il est fort probable que la plupart des personnes témoins de cette crucifixion n’étaient pas en mesure de reconnaître Jésus comme étant Dieu…
Une des caractéristiques fondamentales (et la plus originale) du christianisme est de reconnaître en la personne humaine de Jésus-Christ Dieu lui-même. Cette reconnaissance n’est pas le résultat d’une démarche de type scientifique qui amène des preuves concrètes et tangibles de ce que l’on affirme. Elle est de l’ordre de la foi.
C’est un fait tellement inimaginable (l’incarnation de Dieu) que l’Eglise, par la nécessité de la mission, s’est vue rapidement poussée à élaborer un discours pour donner à comprendre l’incompréhensible.

6 Re: La crucifixion de Jésus le Jeu 15 Fév - 21:07

Stitten

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A l’époque de Jésus, la crucifixion était un supplice courante utilisé par les Romains pour mettre à mort un condamné.
Chez les Juifs, la crucifixion était ressentier comme une malédiction divine (Dt 21, 23).
Après avoir été torturé, on déshabillait le condamné pour le clouer (parfois on utilisait des cordes) sur la croix. La victime mourrait d’étouffement, mais l’instant de la mort pouvait tarder plusieurs jours.
On pourrait se demander pourquoi Jésus aurait été traité différemment des autres condamnés, pourquoi on aurait pris soin de couvrir son sexe. Parce qu’il était Dieu ?
Combien de personnes, même parmi ses disciples, auraient eu l’idée de faire ce geste ?
Il est fort probable que la plupart des personnes témoins de cette crucifixion n’étaient pas en mesure de reconnaître Jésus comme étant Dieu…
Une des caractéristiques fondamentales (et la plus originale) du christianisme est de reconnaître en la personne humaine de Jésus-Christ Dieu lui-même. Cette reconnaissance n’est pas le résultat d’une démarche de type scientifique qui amène des preuves concrètes et tangibles de ce que l’on affirme. Elle est de l’ordre de la foi.
C’est un fait tellement inimaginable (l’incarnation de Dieu) que l’Eglise, par la nécessité de la mission, s’est vue rapidement poussée à élaborer un discours pour donner à comprendre l’incompréhensible.

7 Re: La crucifixion de Jésus le Lun 2 Juil - 17:40

Wahrani

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Admin
Dès les premiers temps de l’Église, des Chrétiens n’y ont point cru, sentant très bien ils ont nié même la mort de leur divin Maître.
En conséquence les sectateurs de Basilide assuraient que Jésus, au temps de sa passion, prit la figure de Simon le Cyrénéen, et lui donna la sienne, sous laquelle le dit Simon fut crucifié pour lui, tandis que le Christ, qui les voyait faire sans être vu, se moquait de leur méchanceté.
V. St Irenaeus Lib. I. cap. 23. St Epiph. hœres. XXIV, num. 3.
 
Les Cérinthiens, ou disciples de Cérinthe, qui étaient contemporains des Apôtres, et les Carpocratiens, niaient pareillement que Jésus eût été réellement crucifié.
 
Quelques-uns ont prétendu que le traître Judas fut supplicié en la place de son maître. Cependant ces sectaires regardaient le Christ comme un pur homme, & non pas comme un Dieu. Voilà donc des Chrétiens contemporains des Apôtres, tout hérétiques qu’ils étaient, croyant en Jésus-Christ, & qui pourtant ont douté de sa mort.
 
V. M. de Tillemont Tome II. Page 221. St Epiphane Hom. 24, 28, 30. Theodoret. Hoeretic. fab. Lib. I

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