«Je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis, mais je me battrai pour que tu puisses le dire».

Voltaire


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La Science des Hadith !

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1 La Science des Hadith ! le Mer 15 Juin - 15:10

Salâh Ed-Dîn

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La Sunnah dans la langue: le mot sunnah avait été employé dans la langue des Arabes du pré islam dans le sens de conduite (sîrah) et façon ou méthode (tarîqah).
 
Il est défini également comme étant la méthode suivie.
Et selon al-Kisâ'î, la Sunnah signifie la pérennité, la continuité etc.
Mais après l'avènement du Message de l'Islam, le Coran a employé le mot Sunnah pour désigner des sens et des concepts techniques et particuliers.
Parmi ces emplois, soulignons celui qui figure dans les Versets Coraniques suivants:
 
«Selon la Sunnah d'Allah à l'égard de ceux qui vécurent autrefois. Tu ne trouveras aucun changement dans la Sunnah d'Allah».

«Tu ne trouveras ni changement ni déviation dans la Sunnah d'Allah».
 
Le Coran emploie le mot Sunnah ici au sens de "Loi sociale", loi selon laquelle cheminent le mouvement de l'histoire et de la société ainsi que les événements de la vie humaine.
Et de même que le Coran enrichit le mot Sunnah par des notions et des sens divers, de même le Prophète (SAWS) l'a employé pour désigner sa conduite et sa méthode législative consistant en ses paroles, ses actes et ses approbations tacites.
Ainsi, alors que le Coran emploie le mot Sunnah, suivi du complément de nom "Allah" (la Sunnah d'Allah), au sens de la loi naturelle qui régit par la Volonté d'Allah le mouvement des événements et de l'histoire, le  prophète (SAWS), l'utilise, lorsqu'il est suivi du complément de nom de sa Sainte personne, "la Sunnah du Prophète", pour exprimer sa conduite ou sa méthode législative. Mais à cause de l'emploi courant et fréquent de l'expression "la Sunnah du Prophète", le mot "Sunnah" toute courte finit par devenir synonyme de cette dernière expression et, désormais, qui dit Sunnah entend la Sunnah du Prophète.
C'est dire que la signification linguistique ou étymologique du mot Sunnah a cédé la place au terme technique islamique.
Le Prophète (SAWS), outre le fait d'avoir expliqué par la parole et les actes le contenu de la législation islamique, il avait fixé les éléments de celle-ci par une 3ème voie, l’approbation tacite.
En effet, il vivait dans une société qui avait ses propres règles, normes et pratiques sociales, tels l'achat et la vente, la location, l'héritage, le mariage, le divorce etc...
Qu’il lui fallait harmoniser avec les exigences de la Loi islamique. Aussi, interdit-il certaines de ces règles et pratiques et en approuva-t-il certaines autres conformément aux fondements de la Charî`ah (la Loi islamique) et à ses objectifs, visant le changement et la reconstruction. De plus, certains de ses Compagnons, accomplissaient des actes à propos desquels il ne disait rien ni ne désapprouvait, car ces actes ne s'opposaient pas à l'esprit de la Charî`ah et ne se trouvaient pas en contradiction avec elle.
Le bagage législatif islamique s'enrichit donc de toutes ces données pour opérer une révolution idéologique et un changement radical et total.
En bref, les éléments de l'apport du Prophète (SAWS) à la législation islamique, se manifestèrent sous trois formes: Le prêche verbal à l'adresse de la nation et de la société musulmane (ainsi qu'à l'adresse de l'humanité après sa disparition), ses actes et sa conduite, son silence approbatif devant certains actes d'autrui.
Cet apport servit d'instrument à l'interprétation du Noble Coran et à l'explication de son contenu et des buts du Message divin. Il permit aussi à enseigner aux gens les fondements de la pensée et les vérités de la législation qu'avait reçus le Prophète d'Allah, sous forme de Révélation.
Cette richesse législative qu'est la Sunnah du Messager d'Allah, a été compilée et étudiée dans des corpus de Hadith, et divisée en trois parties qui traduisent les trois formes sous lesquelles elle avait été exprimée par le  Prophète  (SAWS) :
La Science des Rapporteurs de Hadith est défini comme étant la science qui se charge d'étudier les conditions et les personnalités de ces derniers, c'est-à-dire de vérifier: dans quelle mesure ils sont dignes de foi ou capables de rapporter correctement le texte, quelles sont leurs appartenances doctrinales, dans quelles époques ils ont vécu etc...
Un débat scientifique s'est engagé entre les uléma sur la pertinence de cette science. Une partie d'entre eux, les Akhbârites ont soutenu la thèse de l'inutilité d'un telle science en alléguant que les hadith enregistrés dans les corpus de référence, tels "Al-Kâfî" d'al-Kulaynî, "Al-Tahthîb", d'al-Tûcî, "Al-Istibçâr" et "Man Lâ Yahdhoroh-ol-Faqîh" d'al-Çadûq sont des hadith sains (çahîh: dignes de confiance), puisque les théologiens qui les avaient compilés s'étaient appliqués à les vérifier, et à les épurer avant de les mettre à la disposition des lecteurs, et que par conséquent il n'est nul besoin de les réétudier ni de les vérifier à nouveau.
De même, ont-ils ajouté, les Récits (Riwâyât) que les faqîh renommés avaient adoptés ou rejetés ne nécessitent pas que l'on en réétudie ou en vérifie à nouveau, la chaîne de transmission. Il faut donc, ont-ils conclu, les adopter en se fiant au travail accompli par les faqîh renommés parmi nos prédécesseurs.
Ils ont émis le même avis concernant les corpus de hadith "Al-Çihâh", tels que "Çahîh al-Bokhârî", "Çahîh Muslim" etc.
Mais une autre partie des uléma ont rejeté cette thèse, en affirmant à l'appui de la méthodologie inductive et de la recherche scientifique que les corpus de hadith en question ne renferment pas que des hadith sains, et ne constituent donc pas une référence totalement crédible.
Ils pensent qu’il faut étudier les personnalités des rapporteurs de hadith pour s'assurer de l'authenticité de chaque hadith, soumettre ces hadiths à l'examen et à la recherche, et qu'on ne doit pas se contenter de la recherche faite par les auteurs des corpus en cours.
Il est à noter que cette dernière thèse a été corroborée par la méthode inductive et par des preuves qui démontrent que beaucoup de rapporteurs fréquemment cités dans les corpus adoptés sont peu sûrs et ne méritent pas une confiance totale.
De plus, selon cette thèse, les hadiths relatifs aux statuts (ahkâm) et à la doctrine se trouvent dans des livres autres que les corpus dont on prétend que les hadiths qu'ils contiennent sont authentiques.
 

(Réf: « Madhâhir Haqq » – Volume 1 / « Précis des sciences du Hadith »)

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